DOMENGE Jean-Jacques
12, Rue Dominique chateigner
44 000 - NANTES NANTES le 07 Février 2003
Tél / Fax 02 40 50 03 32
Monsieur le Président de la République Française
Palais de l’Elysée
75 000 - PARIS
J’ai le très grand honneur de m’adresser à vous, Monsieur le Président de la République Française, pour porter à la connaissance de la plus haute autorité de notre pays des faits qui ne font pas honneur à la France.
Je suis Français et fier de l’être jusqu’a ce jour. J’ai soixante-deux ans et depuis l’âge de six ans je suis passionné d’ornithologie, sport régi par ses règles et ses compétitions, comme tous les sports, simplement qu’il se rapporte aux oiseaux d’élevage.
Il y a plus de trente ans que je participe à de nombreux championnats internationaux dont les championnats du Monde. Quelle émotion et quelle joie pour tous les éleveurs Français d’entendre raisonner la Marseillaise lors de la remise des médailles.
Cette année la France, mandatée par la Confédération Ornithologique Mondiale, organisait à AMIENS du 22 au 26 Janvier 2003 son 51 ème Championnat Mondial des oiseaux d’élevage de l’hémisphère nord. Dix-huit mille oiseaux en provenance de dix-neuf pays ont été jugés par un jury international qui a décerné les titres de champion du Monde tant espérés.
Mais venons en aux faits. Le samedi matin 25 janvier 2003, au péage autoroutier d’AMIENS un véhicule automobile dans lequel se trouvaient trois juges Belges dont le champion du Monde de la faune Européenne a été contrôlé.
Un d’entre eux possédait cinq indigènes mutés de la faune Européenne. Il a été placé en garde à vue et la voiture appartenant à son collègue placée sous saisie fictive. Par manque de discernement, seuls deux mâles bouvreuils mutants ont été mis en saisie conservatoire au zoo d’AMIENS. La femelle bouvreuil mutante était autorisée à poursuivre sa route avec deux autres indigènes de la faune Européenne mutants, dans le même cageot de transport.
A leurs retours dans l’enceinte du championnat du monde, compte tenu de la notoriété de ces juges « l’affaire du péage », « l’histoire Belge du jour », se répandit comme une traînée de poudre, et ce à quelques heures de la cérémonie officielle de la remise des médailles. La France pays de la liberté et des droits de l’homme qui réprime d’une telle manière alors que pour eux étrangers c’est la liberté d’élever, de transporter de tels oiseaux.
Je me garderais d’intervenir ni sur la forme ni sur le fond, les déclarations des trois juges jointes en annexe étant fort éloquentes. Etant légaliste, je respecte le secret de l’instruction.
Vous qui avez connu l’humiliation d’entendre la Marseillaise sifflée au stade de France et qui avait réagi de la manière dont on sait, vous comprendrez, Monsieur le président de la République, ce que les éleveurs Français ont ressenti pendant l’hymne national lors de la remise des médailles. Vous comprendrez que la fête promise ait été gâchée.
Cet honneur bafoué l’a encore été encore plus quand les médias de la télévision se sont emparés de l’affaire malgré le secret de l’instruction. Tous les pays francophones dont la Belgique ont entendu que des Belges sont hors la loi, assimilés à des trafiquants d’oiseaux.
J’en appelle à vous, Monsieur le Président de la république, pour que par votre action, des juges Belges de réputation mondiale, salis dans leur honneur ne soient pas radiés par leur fédération dans le cas d’une condamnation par la justice Française, suite à une mauvaise interprétation des articles R 211-5 et R 213-5 du code rural, comme la procédure en cours le laisse supposer.
J’en appelle à vous, Monsieur le Président de la république, pour que par votre action les éleveurs Français ne soient pas des laissés pour compte et les seuls écartés du paysage ornithologique mondial. Dans le cadre de l’Europe des nations ils doivent pouvoirs pratiquer en toute liberté et sans contraintes leur sport qui est l’ornithologie, comme dans les autres pays.
J’en appelle à vous, Monsieur le Président de la république, pour que par votre action les éleveurs Français puissent retrouver la sérénité et participer sans stress et sans crainte d’être brocardés au prochain championnat du monde à LAUSANNE.
J’en appelle à vous, Monsieur le Président de la république, pour que par votre action l’ornithologie Française ne soit pas bannie de la confédération mondiale. Qu’elle puisse encore prétendre organiser le championnat du monde lorsque son tour viendra, sans que des nations majeures boycottent cette manifestation.
J’en appelle à vous, Monsieur le Président de la république, car j’ai confiance en votre action, d’autant plus qu’en 1974 Monsieur François GONDELLE, responsable de la protection, membre du comité directeur la Fédération Française dont je faisais partie, vous avait sollicité. En tant que premier ministre Il vous a informé du problème posé par les nombreux trafics d’oiseaux indigènes au marché aux oiseaux de PARIS. Par votre action le ministre de la qualité de la vie et le préfet de police ont mis en place une réglementation permettant d’éradiquer rapidement cette pratique.
Dans l’attente de votre réponse, veuillez accepter, Monsieur le Président de la République, l’expression de mes sentiments dévoués.
Jean-Jacques DOMENGE
Directeur Technique National
de la Fédération Française d’Ornithologie
Pièces jointes en annexe : TROIS